Les cités universitaires : les logements des CROUS

Les premières résidences universitaires sont construites après la Première Guerre mondiale, à l'initiation d'associations étudiantes d'alors; un effort plus soutenu est entrepris dans les années 30 et notamment par le ministre du Front Populaire, Jean Zay. Elles sont plus ou moins spacieuses selon les lieux (12m² à la résidence des Arceaux à Montpellier, 13 à 20 m² à l'ancien Monbois à Nancy).

Au cours des années 60, du fait de la massification de l'enseignement supérieur et de l'arrivée de classes sociales nouvelles plus défavorisées à l'Université, le manque de logements sociaux étudiants se fait de plus en plus criant. Un programme de construction ambitieux de logements de 9m² est élaboré, et en 1963 75 000 étudiants, soit près de la moitié des effectifs, sont logés par les CROUS (un par académie), qui gère les résidences universitaires depuis 1955.

Ces chambres de 9 m² sont acollées les unes aux autres dans de grandes barres, avec confort minimum, sanitaires et espace cuisine sur le palier, qui ne favorisent ni la vie en collectivité ni l'intimité (insonorisation, etc...) et leur état se dégrade assez rapidement. Malgré des efforts de rénovation, ayant une impact à la hausse sur les loyers, bon nombre d'entre elles nécessiteraient des réhabilitations; aujourd'hui certaines sont même en partie insalubres. Le loyer moyen est d'environ 120 € mensuels. Après mai 68, la mixité, qui était une des revendications, s'est relativement généralisée dans les cités U et la circulation y est libre, bien que certains immeubles soient attribués uniquement aux étudiantes. Enfin, il faut noter que le nombre de ces chambres est particulièrement réduit en région parisienne par rapport au nombre d'étudiant, ce qui laisse peu de chance aux demandes d'aboutir dans cette ville où les loyers sont les plus cher de France.

Dans les années 80, on tombe dans l'excès inverse: les HLM construisent des studios pour le CROUS, au sein de résidences dites "conventionnées" (avec APL), ferment d'individualisme pour ceux qui les habitent. De plus, leur loyer atteint jusque 300 €, ce qui les met hors de portée d'une grande partie des étudiants, sans parler des pratiques qui imposent une location sur 12 mois quand l'année universitaire est bien plus courte. Leurs surfaces vont de 16 à 35 m², ce qui permet notamment la location par un couple.

A la fin des années 90, sur 2 200 000 étudiants, seuls 7% sont logés par le CROUS. Les autres doivent s'arranger avec le marché du logement privé, peu favorable aux faibles revenus et aux étudiants étrangers. Aujourd'hui, le logement est le premier poste budgétaire des étudiants: entre 120 euros, pour ceux qui habitent en résidence universitaire, et de 200 à 500 euros pour ceux qui doivent s'adresser aux propriétaires ou aux agences. Environ 20% du parc des CROUS est attribué aux étudiants étrangers, ce qui ne répond pas aux besoins. Un restaurant universitaire situé à proximité offre généralement une possibilité de restauration rapide.

Le candidat à une chambre universitaire doit remplir un dossier d'admission en résidence pour début avril. L'attribution se fait essentiellement en fonction de critères sociaux. Une partie du parc locatif (environ 20%) est destiné aux étudiants étrangers.

Le CROUS, conscient des difficultés rencontrées par les étudiants, a lancé, avec le concours de l'Etat, suites aux annonces du ministre François Fillon en mars 2004, un plan de construction et de réhabilitation des résidences universitaires. Problème: le coût est important (15 000 euros par chambre réhabilitée, 20 à 30 000 euros par logement construit). La question des financements se pose: quid de l'aide des collectivités territoriales, de plus en plus interpellées pour les questions de logement étudiants depuis la loi de décentralisation d'août 2004 ? Quid du déplafonnement de l'ALS ou de l'aide de l'Etat à travers la contractualisation avec le CNOUS ?