Les stages de dernières années dans les grandes écoles : un outil de pré-recrutement
vendredi 17 août 2007 à 12:02 - Dossiers et enquêtes
Une enquête menée auprès des responsables des stages au sein des Grandes Ecoles, montre que les entreprises recrutent de plus en plus de stagiaires. En deux ans, le nombre d’offres de stages envoyées directement aux établissements de formation a augmenté de près de 60 %.
Cette enquête orchestrée par l'éditeur Hobsons et le site web Kelformation montre avant tout que le stage est utilisé comme outil de pré-recrutement des futurs jeunes diplômés des Grandes Ecoles de commerce et d’ingénieurs.
L'enquête révèle qu'un élève de dernière année a en moyenne le choix entre 9 offres de stages différentes. Cette diversité étant encore plus marquée dans les écoles de management que d'ingénieurs qui reçoivent quatre fois plus de propositions et dans les établissement les mieux côtés recevant jusqu'à 10 000 offres par an.
Un choix qui ne cesse de croître puisque le nombre d’offres de stages proposées par les entreprise à progressé de 59 % en deux ans.
Sur l'année 2005-2006, les grandes écoles avaient reçu en moyenne 2 555 offres de stages pour leurs étudiants, contre 1 915 pour l'année 2004-2005 et 1 607 pour l'année 2003-2004. Selon les premières tendances, la hausse se poursuit pour l'année 2006-2007 pour 84% des écoles interrogées.
Ces chiffres s'expliquent par la concurrence entre recruteurs qui se déplace du jeune diplômé vers le stagiaire. L’entreprise va chercher le futur jeune diplômé au sein même de sa formation et faire du stage un outil de pré-recrutement. Pour preuve, les deux-tiers des offres sont destinées aux étudiants de 3ème année alors que la quasi-totalité des écoles prévoient des stages dès la première année.
"Les entreprises souhaitent avoir des stagiaires en passe d'être diplômés, sans doute parce qu'ils sont plus opérationnels, mais surtout parce qu'ils sont directement employables à l'issue du stage" explique Arnaud Gastaud, responsable de Kelformation.
"Le stage est de plus en plus considéré comme une sorte de période d’essai : si le stagiaire est efficace, l’entreprise ne manquera pas de lui faire une proposition immédiate plutôt que d’attendre la fin de l’année universitaire et de prendre le risque de le perdre !" indique Eric Charvet, directeur général d’Hobsons.
C'est pourquoi les étudiants qui signent un contrat avec une entreprise avant la fin de leur scolarité sont de plus en nombreux. Ainsi, dans une école sur 5 cinq, plus de la moitié de la promotion est recrutée à l’issue du stage de fin de cycle ; dans quatre écoles sur 10, cela concerne plus d’un tiers de la promotion !
Du côté des Grandes écoles, on se réjouit de ces sollicitations, tout en émettant quelques réserves. Elles souhaiteraient davantage d'offres pour les 1ère et 2ème année, plus de stages courts (trois mois quand les entreprises recherchent des stagiaires pour une durée de six mois) et un nombre plus élevé de missions à l'étranger.









