Après le report de la réforme et les différents débats qui ont suivi, les principaux acteurs de l'Education et les syndicats s'attendaient naturellement à être partie prenante dans la mise en place du projet. L'annonce du 13 novembre avait d'ailleurs officiellement pour but de présenter "les décisions des ministres sur la base des conclusions du groupe de synthèse". Pourtant, à en croire les déclarations qui fleurissent sur la toile, il n'en est rien. La majorité des acteurs de l'Education et les syndicats dénonçant le fait que leurs contributions aient été ignorées.

Une réforme qui n'est pas à la hauteur des enjeux - CPU

La Conférence des présidents d'universités (CPU) affirme haut et fort que « la réforme n'est pas à la hauteur des enjeux et ne permettra pas d'atteindre les objectifs qu'elle se donne ». Pour elle "les propositions formulées mettent en évidence un malentendu profond sur la mastérisation et une méconnaissance de la réalité des cursus universitaires et des parcours étudiants".

Une parodie de concertation pour tenter de justifier de très mauvaises propositions - CDIUFM

Allant encore plus loin, la Conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM) n'hésite pas, quant à elle, à parler de "parodie de concertation pour tenter de justifier de très mauvaises propositions" : "A une exception près (la place du concours de l’agrégation en fin de M2) les décisions ministérielles sont absolument identiques au projet préétabli. Le travail des groupes de proposition pendant six semaines n’a été qu’une mascarade, une mystification, faisant croire en l’existence d’une authentique concertation et surtout donnant l’illusion d’un consensus alors que ni l’une, ni l’autre n’ont jamais existé."

Les annonces n'ont fait l'objet d'aucune concertation - FSU

La FSU dénonce également le fait que "les annonces n'ont fait l'objet d'aucune concertation" et "qu'elles confirment une réforme qui se met en place contre l'avis de tous les acteurs concernés et débouchera à terme sur une ségrégation sociale plus grande et une dégradation de la formation professionnelle des enseignants et CPE."

Masterisation : un projet toujours inacceptable ! - SNES

Pour le SNES, "si l’élévation du niveau de recrutement au master est actée, le projet contient de nombreuses dispositions le rendant inacceptable en l’état : la confirmation et le développement de stages en responsabilité pour les étudiants, la remise en cause de l’année de formation professionnelle après le concours, l’absence de pré-recrutements et de dispositifs d’aides sociales suffisants".

Formation des enseignants : droit dans le mur ! - SE-UNSA

Pour le SE-UNSA, le parcours de formation et les concours proposés vont à rebours de ce qui devrait constituer le bagage initial de tout professeur. Il fait les frais de l’entêtement gouvernemental à maintenir la place des concours en deuxième année de master.

Les ministres doivent sans tarder lever toutes les ambiguïtés ! - AutonomeSup

En marge, Autonome Sup relève dans l'annonce qui a été faite quelques points positifs tels que le maintien des épreuves de concours pendant la seconde année de master mais, parallèlement à cela, apporte d'autres critiques.